lundi 16 avril 2018

Dublin devient la première capitale européenne à rejoindre la campagne BDS


Dublin est devenue il y a quelques jours la première capitale européenne à rejoindre le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) pour les droits des Palestiniens. Prenant en
considération “le blocus inhumain et le siège de Gaza”, le conseil municipal de la capitale irlandaise a décidé d’abandonner tous ses contrats commerciaux avec Hewlett Packard (HP) et ses filiales, ciblées par BDS, notamment DXC Technology, étant donné leur complicité dans les violations flagrantes par Israël des droits humains des Palestiniens.


Dublin rejoint ainsi des dizaines d’autorités locales à travers l’Espagne, la Norvège, la Suède, la France, le Royaume-Uni, la Belgique et l’Australie qui ont voté en faveur de BDS ou se sont engagées à éviter de passer des marchés avec des entreprises ciblées par BDS en raison de leur participation aux violations des droits des Palestiniens.



Mícheál MacDonncha – Photo Credit: Sinn Féin


A la suite de la décision prise à Dublin, le “Ministère des Affaires stratégiques” et le Ministère de l’Intérieur israéliens se sont couverts de ridicule en faisant savoir que le maire de Dublin, M. Mícheál MacDonncha – dont la participation à une conférence internationale ayant lieu à Ramallah (Cisjordanie occupée) était annoncée – serait refoulé à la frontière israélienne. Aussitôt après, Mícheál MacDonncha publiait un message sur Twitter, indiquant qu’il avait déjà franchi la frontière à l’aéroport de Tel Aviv et se trouvait à Ramallah. Les autorités israéliennes ont été obligées d’admettre qu’il avait pu franchir la frontière “en raison d’une faute de frappe” dans son nom…


Le comité palestinien BNC qui pilote la campagne a salué l’attitude des élus de Dublin, soulignant que «le peuple irlandais, avec son long héritage de lutte contre le colonialisme, a montré que si les gouvernements américains et européens sont profondément complices des crimes d’occupation et d’apartheid, les gens de conscience se tiennent du bon côté de l’histoire, contre l’oppression et pour la liberté, la justice, l’égalité et la dignité humaine».


Le comité BNC considère que «en excluant les entreprises Hewlett Packard (HP), le conseil municipal de Dublin fait un pas important vers la fin des liens avec Israël dans les domaines militaires et de la sécurité, ainsi qu’avec les sociétés qui permettent son système d’oppression. La demande la plus importante soulevée par les Palestiniens en réponse au dernier massacre d’Israël est l’imposition d’un embargo militaire similaire à celui promulgué par les Nations Unies contre l’apartheid en Afrique du Sud».


«Grâce aux Dublinois, aux partisans irlandais des droits des Palestiniens et au nombre croissant de militants BDS à travers le monde, nous, les Palestiniens, nous sommes assurés que nous sommes loin de la solitude et que nous pouvons ensemble infléchir l’histoire dans la direction de la justice», ajoute encore le comité BNC.


Ce succès enregistré à Dublin par la campagne BDS n’est pas isolé : il y a quelques semaines, l’association nationale des enseignants irlandais (Irish National Teachers Organisation – INTO), qui compte plus de 40.000 membres, a adopté une résolution qui épouse les positions contenues dans celles qu’a voté le congrès des syndicats irlandais (Irish Congress of Trade Unions ICTU – 800.000 membres) en faveur d’un soutien complet à BDS.


De plus, il y a quelques jours, l’union des étudiants irlandais (Union of Students in Ireland – USI), qui totalise 374.000 membres dans l’enseignement supérieur, a adopté une position identique.


Enfin, la ville de Cork, la troisième plus grande ville d’Irlande, a appelé le gouvernement irlandais à condamner “le récent massacre” de civils palestiniens et à “prendre des mesures diplomatiques contre Israël en expulsant un certain nombre de diplomates israéliens et en reconnaissant l’État de Palestine”.


Le maire de Dublin a aussi approuvé la demande adressée au gouvernement irlandais d’expulser l’ambassadeur israélien, ce qui a suscité la colère du gouvernement Netanyahou. L’ambassadeur d’Irlande a été convoqué par le Ministère des Affaires étrangères.

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