mercredi 21 novembre 2012

Quand est-ce que tu te mets en colère ?

Nous remettons ce poème à l’honneur ce soir,  pour dire que jusqu’à présent, ce que les Palestiniens ont entendu des dirigeants de l’après « Printemps arabe » ce ne sont que des paroles et des larmes… Il semble en effet, que même de dignité, ils n’en n’ont plus suffisamment, pour en offrir un peu à leurs frères Palestiniens massacrés à Gaza!

Alors que onze ministres des Affaires étrangères arabes, ainsi que le ministre des Affaires étrangères turc, Ahmet Davutoglu, effectuaient leur visite à Gaza, tout le temps de leur présence dans la bande, l’entité sioniste criminelle, s'est sentie pleinement autorisée à pouvoir accentuer le pilonnage de Gaza et le massacre des civils, allant même jusqu’à ordonner à la population palestinienne d’évacuer leurs logements et ce, dans un mépris total de toute considération pour la diplomatie arabe et pour la Nation arabe et musulmane ! C'est dire l'impact de la visite de nos braves ministres!

Sans parler de ceux pour qui, soi-disant, la question palestinienne concerne directement la foi, comme le ministre des Affaires étrangères marocain, Saad Eddine El Othmani qui, l’on s’en souvient personnellement, il y a quelques années, avant l’exercice du pouvoir, pouvait exprimer le fait que la question palestinienne était la colonne vertébrale du renouveau de la Oumma mais pour qui aujourd’hui, la destruction de Gaza et le massacre de ses frères et sœurs ne méritait pas et ce, après 7 jours de massacres intensifs, d’user de l’exercice de son pouvoir de ministre des Affaires étrangères du Maroc à Gaza.

Le ministre marocain, pourtant annoncé dans la délégation, a en effet déclaré qu’il avait aujourd’hui une Commission parlementaire ainsi que d’autres rendez-vous rendant son déplacement impossible… On ne peut que se désoler, que Mr El Othmani, n’ait pas fait le voyage dès samedi, comme son confrère, le  ministre des Affaires étrangères,tunisien, Rafik Abdessalem, sachant qu’il était ce jour-là au Caire pour assister au Sommet de la Ligue arabe !

« Saluer les moudjahidines de Gaza » depuis les bords du Nil comme vous l’avez fait si pompeusement Mr le ministre, n’est que simple verbiage, quand les actes ne rejoignent jamais les paroles!

Et à vous tous messieurs les ministres arabes, et encore plus ceux des gouvernements « islamistes », le cri de cette enfant palestinienne lancé depuis Gaza, vous est d’abord destiné, pour savoir s’il y a encore quelque chose à réveiller en vous !

Donc, dites franchement, sans fausse pudeur, à quelle oumma vous appartenez ?

Le CCY
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Hommage du CCY à tous les martyrs de Gaza

Prêtez-nous vos chars pour un jour et non vos larmes !
Prêtez-les-nous et restez là où vous êtes !

Musulmans! Nos souffrances sont toujours vos souffrances !
Nos morts sont vos morts !
Si le déluge noie notre boulevard
Il emportera en même temps votre propre boulevard
Ne sommes-nous donc pas des frères dans la foi?

Ne sommes-nous donc pas des frères dans la foi ; nous l’étions… et nous le sommes encore 
N’êtes-vous plus rien et nous-mêmes, ne sommes-nous plus rien ?
Est-ce que vous aimeriez que nous soyons perdus ?
Est-ce que vous seriez heureux que nous soyons affamés ?

Et que signifie que vos cœurs sont avec nous ?
Ne sommes-nous ô enfants de l’islam vos frères ?
N’est-ce pas que l’ombrelle de la foi nous réunit ?

Prêtez-nous vos chars 
Prêtez-nous de quoi combattre pour al Aqsa

Attendez-vous que la mosquée al Aqsa soit effacée ?
Et que nous soyons rayés ?
Prêtez-nous vos chars et laissez de côté les lamentations et ayez de la pudeur
Nous en avons assez des lamentations et des belles paroles…

Mon frère par Dieu, informe-moi quand est-ce que tu te mets en colère ?
Lorsque nos sacrés sont violés ?... Ils ont été violés !
Lorsque nos monuments sont démolis ?... Ils ont été démolis !
Lorsque notre noblesse est tuée ?... Elle a été tuée !
Lorsque notre dignité est bafouée ?...  Elle a été bafouée !
Lorsque nos mosquées sont détruites ?... Elles ont été détruites !

Et notre Qods a persisté dans sa colère … et tu ne t’es pas mis en colère ?
Dis-moi donc quand est-ce que tu te mets en colère !

Si pour Dieu… pour le Sacré … pour l’islam tu ne te mets pas en colère  
Dis-moi quand est-ce que tu te mets en colère ?!

J’ai vu les piliers d’al-Aqsa sangloter comme les enfants
Et autour de toi les dignités se font violer avec mépris et toi, assis, tu observes !...
Quand est-ce que tu te mets en colère ?
Est-ce que tu n’as pas vu les enfants d’al Aqsa, de vrais géants, qui se sont soulevés ?
Est-ce que la petite fille de deux ans se soulève de colère ?…
Et les décideurs aujourd’hui ne se mettent ni en colère ni ne se soulèvent !

Est-ce que l’image de la petite fille au corps plein de trous ne t’a pas révulsé ?
Ni al Durah horrifié qui se cache derrière son père ne t’a pas fait pleurer?

Tu as vu ici à Gaza les horreurs 
Tu as vu les cascades de sang   
Tu as vu toutes sortes d’humiliations et tu ne t’es pas mis en colère
Donc dis-moi franchement, sans fausse pudeur, à quelle oumma tu appartiens?

par le poète Abdoulghaniy At-Tamimi 

Traduction CCY

A voir et à entendre de toute urgence par tous les arabophones!

Qu'il est dommage que les francophones ne puissent sentir le côté exceptionnel de ce poème et de sa déclamation !  Il n’y a que la terre de Palestine qui peut aujourd'hui offrir à ce point au monde l'illustration concrète de ce qu’est la posture droite !

Quand est-ce que tu te mets en colère ?



8 commentaires:

Anonyme a dit…

C'est géant!

Résistance a dit…

Macha ALLAH !
En effet, il n’y a que la terre de Palestine qui peut aujourd'hui offrir à ce point au monde l'illustration concrète de ce qu’est la posture droite !

Hannah a dit…



Un poème d'excellence qui nous parle directement de par sa limpidité et son interprétation magistrale. Merci à cette jeune musulmane qui l'interprète avec verve.
Je n'oublierai pas de si tôt ce moment d'écoute, ni la force et la profondeur humaine qui émanent de ces vers, ni le ton de voix maîtrisé par le coeur qui ne ment pas, de cette petite soeur. C'est cette raison qui fait de cette intervention, un instant de grand art.
La langue arabe est vraiment magnifique, singulière et unique pour traduire la profondeur de tout ressenti humain. Et les coeurs Palestiniens sont les gens de notre temps qui ressentent sans doute les choses les plus effroyables et les plus indignes et injustes.
Malgré tout ceci, c'est bien l'art oratoire Palestinien qui nous gratifie et nous fait si souvent le rappel exigeant de la noblesse des valeurs et ainsi, il se fait la voix confiante et sur d'elle de l'appel constant à la responsabilité. C'est tout cela l'art Palestinien quand on le découvre !

Que Dieu vous bénisse;

Anonyme a dit…

MAGNIFIQUE ! ! !

Yahya a dit…


" Si pour Dieu… pour le Sacré … pour l’islam tu ne te mets pas en colère
Dis-moi quand est-ce que tu te mets en colère ?! "

Anonyme a dit…

C'est tellement limpide qu'on dirait la voix de la conscience du monde elle-même

Anonyme a dit…

Masha Allah cette jeune palestinienne. L'écouter me rappelle un proverbe arabe qui dit que le soupir de la jolie fille s'entend plus loins que le rugissement d'un lion.

Ce qui me vient à l'esprit après avoir écouté les questions soulevées par ce poème inteprété par cette palestinienne, c'est une observation. A savoir que chacun ressent un engouement spéciale à défendre la cause palestinienne, seulement, si on en croyait ces bonnes volontés et si l'on additionnait chacun de ces engouements, la Palestine aurait été libérée du joug sioniste depuis bien longtemps, ce qui n'est pas le cas. Du moins on peut le penser. Alors il ne peut que manquer quelque chose d'essentiel, et cela sans aucun doute, dans les volontés et les visions de ces partisans de la Palestine libre ; C'est pour cela qu'à tous, ce poème d'Abdoulghaniy At- amimi pause une question authentique, celle à laquelle tout musulman consciencieux, mais également tout homme épris de justice doit répondre sans contorsion :

وما معنى بان قلوبكم معنا؟

Et que signfie que vos coeurs sont avec nous ?

Sophia a dit…

Bonjour. Merci infiniment au Collectif Cheikh Yassine pour cette traduction. Cela me fait tout drôle quand j'y repense, j'ai observé l'engouement des gens lors des bombardements derniers sur Gaza et aujourd'hui on en entend beaucoup moins de la part des partisans de la cause. C'est comme si l'on s'était levé pour crier, et qu'on s'était rassis ensuite. Ce qui me fait comprendre maintenant, et surtout ressentir, certains des billets que vous écriviez et qui avaient pour but de critiquer les manifestations qui n'avaient que pour seule caractéristique d'être un exutoire. Alors, comme l'intitulé d'un des albums de kery James, je nous dis : LE COMBAT CONTINUE. Soyez bénis. Amen.