vendredi 19 octobre 2012

Hélas, Mohamed Morsi n’est pas Haroun al-Rachid


Préambule

Face à la puissance du khalife Haroun al-Rachid et pour acheter la paix avec lui, l’impératrice Irène Doukas, conclut un pacte avec lui en payant chaque année la jizziya (impôt annuel) et ce, à partir de l’an 797.

Le pacte perdura jusqu’au moment où il fut rompu en l’an 802 par Nicéphore, l’empereur des Roums (Byzantins) qui succéda à l’impératrice. Ce dernier écrivit au khalife Haroun al-Rachid :

« Nicéphore, roi des Roums, à Haroun,  roi des Arabes

L’impératrice Irène qui m’a précédé t’a mis à la place du frère et t’a offert de son argent, mais ceci n’est que la faiblesse et la sottise des femmes. Si tu lis mon courrier, ramène tout ce que tu as reçu d’elle auparavant et rachète ton âme, sinon c’est la guerre entre nous ».

Lorsque le khalife lut ce courrier, il entra dans une grande colère et il écrivit au dos de la lettre du roi Nicéphore :

« De Haroun l’émir des croyants, à  Nicéphore, chien des Roums,

J’ai lu ton courrier ô fils d’infidèle ! Ma réponse, tu la verras plutôt que tu ne l’entendras ! Salut ! »

Le Khalife Haroun al-Rachid sortit à la tête d’une armée en 803, jusqu’à la ville d'Héraclée, une cité proche de Constantinople, et Nicéphore fut obligé de s’incliner, amenant lui-même la jizziya comme le faisait l’impératrice Irène ! Mais lorsque le khalife partit, Nicéphore rompit le pacte de nouveau en s’attaquant à des musulmans.

Le khalife Haroun al-Rachid revint en 804 et combattit Nicéphore, à qui il infligea une défaite mémorable, tuant plus de 40 000 hommes de son armée ; Nicéphore fut lui-même blessé dans la bataille !



Cheval de troie


Une autre posture par d’autres hommes, à une autre époque !

Le « libérateur » Morsi que l’on attendait pour laver l’affront des pactes de capitulation et d’asservissement conclus par ses prédécesseurs, ceux qu’ils qualifiaient hier lui, et le mouvement des Frères musulmans de « serviteurs d’Israël » n’a pas répondu au dos des Accords de Camp David, LUI !

En effet, le président tout récemment élu de l’Egypte de la « révolution » a commencé sa lettre par « Mon cher et grand ami » et l’a terminée par « ton ami fidèle » !

La jizziya, c’est donc Morsi qui l’a paiera dorénavant, puisqu’il a déclaré ces dernières semaines qu’il allait « scrupuleusement respecter tous les accords signés  avec « Israël », à commencer par les milliards de dollars concédés sur le prix du gaz fourni à l’entité sioniste, jusqu’à la protection de ses frontières, et ce, au frais du malheureux Egyptien qui mange à longueur d’année, al foul al moudammasse (fèves cuites à l’eau) !

Le préambule de la lettre de la réponse de Haroun al-Rachid à Nicéphore, s’est traduit chez Mohamed Morsi, moins de trois semaines seulement après sa consécration, par cette incroyable et indécente déclaration d’allégeance : « Mon cher et grand ami », et la fierté du khalife Haroun al-Rachid qui est résumée tout entière dans l’expression : « Ma réponse, tu la verras plutôt que tu ne l’entendras » n’a pu s’exprimer pitoyablement, hélas, chez Mohamed Morsi, que par cette terrifiante et inquiétante formule « ton ami fidèle »  traduisant à elle seule, non plus la fierté d'un émir loyal, mais la sinistre aliénation au maître sioniste !

Le Collectif Cheikh Yassine

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Merci pour ce rappel historique précieux ! Il est temps que les musulmans renouent avec ce qui a fait sa grandeur : son identité !

Anonyme a dit…

L'ami de péres ? c-à-d l'ennemi de la Palestine !

resistance.palestinienne a dit…

A propos de la question de "al foul" (les fèves) en Egypte et pour les Arabophones que cela intéresse, à entendre ou à réentendre l’excellence chanson révolutionnaire de cheikh Imam ; elle est à visionner sur You tube au lien suivant : http://www.youtube.com/watch?v=5NlNlh18eP0&feature=youtube_gdata_player

Anonyme a dit…

Un rappel de quelques éléments s'imposent : ALLAH -éxalté soit-il- ne regarde pas l'apparence mais le contenu des coeurs et certes ne sera sauvé que celui qui viendra à son Seigneur avec un coeur pur. Ce point de la foi islamique est crucial. Ni la barbe, ni les discours colorés par des vestiges de l'Islam ne sauveront ceux qui trahissent l'Islam, les musulmans et en somme l'humanité entière. Ce jeu de l'apparence, cachant l'aliénation voire la mort du coeur, est aujourd'hui plus insidieux que jamais ! En effet, d'un côté les musulmans devraient se reconnaitre en ces personnages, un Morsi ou autre, un d'un autre côté l'Occident raciste et impérialiste se plait à les identifier comme la concrétisation du pouvoir islamique ou dirait-il islamiste. Cette duperie fera malheureusement son temps, jusqu'à ce que les musulmans deviennent exclusivement les acteurs de leur destin, à la lumière éclatante de leur destinée...

Anonyme a dit…

Le XXème a été le tricotage tout azimut du maillage politique et diplomatique sioniste ; le XXIème est pour les criminels Tel Aviv le temps de la contemplation béate du job si efficacement accompli !

Anonyme a dit…

Référence historique plus que jamais nécessaire! Beau travail! merci;